
En bref
- Dans le Nord, le sol reste tiède plusieurs semaines après que l’air est devenu froid : c’est le moment idéal pour planter arbres, haies et rosiers.
- Les premières gelées arrivent en moyenne vers la mi-novembre, ce qui laisse encore une fenêtre pour planter en profitant de cette chaleur résiduelle du sol.
- Les plantes fragiles (méditerranéennes, vivaces tout juste sorties de pépinière) attendent plutôt le printemps.
Ma grand-mère plantait ses rosiers autour de la Toussaint, jamais au printemps. Elle disait que la terre était encore chaude, qu’il fallait en profiter avant que le froid ne s’installe. Je n’avais pas dix ans et je trouvais ça étrange de planter juste avant l’hiver.
Aujourd’hui, c’est moi qui conseille la même chose à mes clients de Valenciennes, et je dois avouer qu’elle avait raison sur toute la ligne. Chaque année à la mi-octobre, la même question revient : les feuilles jaunissent, le jardin ralentit, et on se demande si c’est encore le moment de planter ou s’il vaut mieux attendre le printemps. Dans le Nord, l’automne est justement la meilleure fenêtre, à condition de le faire avant les premières gelées.
Pourquoi je plante avant les gelées, pas après
Ce qui surprend toujours mes clients, c’est que le sol reste tiède bien après que l’air soit devenu froid en surface. C’est pendant cette période que les racines travaillent, alors que la partie aérienne de la plante entre en repos. Au printemps suivant, la plante a déjà un système racinaire installé : elle repart plus vite et plus fort qu’un plant mis en terre en mars.
D’après les données climatologiques de Météo-France pour la région, les premières gelées dans le Nord arrivent en moyenne autour de la mi-novembre. Ça laisse encore quelques semaines, pas de quoi traîner non plus.
Chez mes clients du Valenciennois, je vérifie toujours la texture du sol avant de planter : la terre y est souvent argileuse, lourde, et retient l’eau. J’arrose abondamment à la plantation, même s’il a plu la veille, pour chasser les poches d’air qui dessécheraient les racines.
Ce que je plante en priorité en ce moment

En ce moment, je privilégie trois choses. D’abord les arbres et arbustes à racines nues (des plants vendus sans motte de terre, juste les racines), qui reprennent souvent mieux qu’en pot et coûtent moins cher.
Ensuite, les haies champêtres. Vous qui avez une haie de thuyas devenue clairsemée avec les années, c’est le bon moment pour la doubler, voire la remplacer par un mélange de charme, troène et cornouiller, qui tient mieux dans la durée et abrite davantage d’oiseaux. J’en parle plus en détail dans mon article sur la taille de haie à Saint-Amand-les-Eaux, pour la suite une fois la haie installée.
Enfin, les rosiers et les vivaces robustes, dont le gazon d’automne suit la même logique de sol encore tiède, comme je l’explique dans cet article sur le semis de gazon dans le Nord.
Ce que j’attends encore un peu
Toutes les plantes ne se prêtent pas à cette logique. Les espèces méditerranéennes, les lauriers roses, certaines vivaces tout juste sorties de pépinière : je préfère attendre le printemps, parce qu’elles n’ont pas le temps de s’endurcir avant le gel.
Je trouve que c’est du bon sens de ne pas planter une plante fragile juste avant le premier coup de froid. Mieux vaut patienter jusqu’à mars, quand le sol se réchauffe à nouveau.
Le geste qui change tout après la plantation

Une fois la plante en terre, il reste un geste décisif : le paillage. Une couche de broyat ou de feuilles mortes au pied protège les racines du gel et garde l’humidité plus longtemps. J’arrose encore une fois juste avant de pailler, même en automne.
Et comme toujours chez moi, rien à trier, rien à sortir, rien à porter : les déchets verts du désherbage et de la préparation du trou sont évacués systématiquement. Si des travaux d’entretien suivent la plantation, ils peuvent entrer dans le crédit d’impôt services à la personne (50 % des dépenses, plafond de 5 000 € par an, avance immédiate possible). J’explique les chiffres avec un exemple dans cet article sur le crédit d’impôt jardinage.
Planter avant les gelées, ce n’est pas une course contre la montre, c’est simplement profiter d’une fenêtre que beaucoup de gens laissent passer sans le savoir. En tant que paysagiste dans le Nord, je viens volontiers jeter un œil à votre terrain avant que vous ne décidiez quoi que ce soit.
Testez-vous
Savez-vous quand et comment planter avant l’hiver ?
Questions fréquentes
Est-ce trop tard pour planter une haie à Valenciennes en octobre ?
Non, c’est même le bon moment. Tant que la terre n’est pas gelée, je peux encore installer une haie. La fenêtre reste ouverte jusqu’à fin novembre, parfois début décembre si l’hiver est doux.
Pourquoi vous dites qu’il vaut mieux planter avant les gelées et pas après ?
Parce qu’une fois le sol gelé en profondeur, les racines ne peuvent plus s’installer. La plante reste en attente jusqu’au dégel et perd l’avantage qu’elle aurait eu en démarrant dès l’automne.
Les rosiers, c’est maintenant ou au printemps ?
Maintenant, si possible. Un rosier planté à l’automne a déjà des racines actives quand les premiers bourgeons apparaissent au printemps.
Vous évacuez les déchets de plantation ou je dois m’en occuper ?
J’évacue tout systématiquement. Terre en trop, racines coupées, emballages du pépiniériste : vous n’avez rien à sortir, rien à porter, rien à trier.
Est-ce que la plantation entre dans le crédit d’impôt jardinage ?
La plantation elle-même, non. Mais si j’interviens ensuite pour de l’entretien (désherbage, taille, débroussaillage), ces prestations-là sont éligibles, avec 50 % des dépenses remboursées dans la limite de 5 000 € par an.
Vous venez voir le terrain avant de me donner un prix ?
Toujours. Je regarde la nature du sol, l’exposition, ce qui pousse déjà chez vous, et je vous donne un prix ferme avant de planter la première racine.
Cochez ce dont votre jardin a besoin
Puis indiquez le montant de votre devis, ou ce que vous avez en tête. La moitié vous revient en crédit d'impôt, que vous soyez imposable ou non.
Crédit d'impôt de 50 % pour les petits travaux de jardinage, par une entreprise déclarée en services à la personne, dans la limite de 5 000 € de dépenses par an et par foyer. Remboursé même si vous n'êtes pas imposable.

Écrit par
Florentin Bleuzet
Paysagiste indépendant, fondateur de Bleuzet Parcs & Jardins à Millonfosse. Il entretient et crée des jardins dans l’Amandinois, la Pévèle et le Valenciennois. Ce qu’il écrit ici, c’est ce qu’il dit à ses clients sur place.
Sources
- Météo-France, données climatologiques
- Val’hor, interprofession française de l’horticulture et du paysage
- Jardiner autrement, campagne nationale sur les pratiques de jardinage
Publié le 3 novembre 2026 · Dernière vérification des informations le 8 octobre 2026.